Ce matin j’ai écouté quelques « live », nouvelle habitude du confinement, et j’ai lu les quotidiens et nouvelles du jour. Catherine  Dorion fait partie des gens que je trouve vrais, sans fioritures et qui font du bien à l’âme. J’ai donc ce matin partagé une lecture qu’elle a faite hier. J’ai au même moment réalisé que mon fil personnel est riche en nouvelles moins positives ces temps-ci. J’ai donc voulu faire une liste de ce qui va bien par chez nous.

51A1D173-91E2-4D75-82A4-F8C0D18BFC72Maintenant les anniversaires et évènements importants se passent par vidéoconférence.

La distance qui cause la proximité

Depuis le 13 mars, on se rend compte qu’on prend le temps de s’assurer du bien-être de nos proches plus souvent. Le premier ministre Legault l’a dit, prenez deux minutes pour téléphoner à une personne. On n’avait pas le temps avant le confinement de parler à nos proches tous les jours. La majorité des gens ne font pas ce choix là parce que quand arrive 20h, ils sont fatigués et se disent qu’ils appelleront en fin de semaine… et parfois oublient. Maintenant, depuis le 13 mars, on a tous été obligé d’appuyer sur pause. De changer nos habitudes, de ne pas pouvoir sortir de chez nous pour autre chose que les courses essentielles. Alors on appelle maman, papa. On a le temps. On appelle sa sœur, son amie. On se planifie des appels vidéoconférence pour souligner les moments importants ou pour se desennuyer.

Les bénévoles

Je fais du bénévolat depuis plusieurs années, J’ai été inspiré par la sœur de mon papa qui d’aussi loin que remontent mes souvenirs a toujours été donner un coup de main aux organismes pour les sans-abris à Montréal. La plupart des gens ne font pas de bénévolat par manque de temps. Là du temps, on en a, du moins les gens qui ne sont pas travailleurs de la santé et services essentiels. Alors il y a une vague de bénévolat qui se passe présentement. Je trouve ça beau de voir les gens se mobiliser pour aider les autres. D’autant plus que c’est beaucoup plus risqué que le type de bénévolat que je fais habituellement… Je souhaite que cet esprit d’entraide reste, je suis fier de ma communauté !

Ça va bien aller

Si vous êtes allé marcher dernièrement ou en vélo, vous avez sans doute remarqué les centaines d’arc-en-ciel dans les fenêtres des domiciles et des commerces. L’arc-en-ciel apparait souvent après la pluie. C’est perçu comme un signe d’espoir. C’est pour ce temps de confinement un signe qu’un jour ce sera un souvenir…qu’on va s’en sortir. Encore une fois c’est beau de voir les gens partager cette représentation d’un futur en couleur, de positivisme.

Les marches

Les gens sortent plus prendre l’air seul, en famille. Je n’ai jamais vu autant de couples prendre une marche, de familles aller en vélo et si peu de voitures passer devant chez moi ! Des enfants qui se promènent en trottinettes, des parents qui en ont profité pour apprendre à leurs enfants à pédaler sans les petites roues. D’autres qui ont appris aux leurs à faire du patin à roues alignées. Avec l’arrivée du printemps on dirait que tout le monde est en vacances dans les rues.

L’environnement

Aussi petite soit-elle il y a une diminution des émissions de Co2. Les animaux se rapprochent des villes, comme s’ils sentaient que quelque chose se passe. Le gouvernement Trudeau parle d’une relance plus verte. On sait que c’est probablement temporaire, mais prenons ce qu’on a en tentant de renverser la vapeur de façon définitive à chacun notre échelle. En attendant profitons du silence aérien et de l’inexistence de circulation.

Les aînés

Oui il y a un côté positif à cette horreur qui se passe dans nos CHSLD et autres résidences pour aînés. On n’a pas eu le choix d’enlever nos lunettes roses. On voit ce qui se passe et on commence à changer les choses. On met en place des solutions. Le gouvernement ne peut plus faire comme si ça n’existait pas. Comme sociétés on ne peut plus « stationner » nos vieux en pensant qu’ils vont s’organiser ou être organisé, on va toujours avoir un doute, et tant mieux ! Doutons et assurons-nous qu’ils sont bien traité.

L’économie locale

Cette pandémie nous auras fait réaliser que nous dépendons beaucoup de l’étranger. Nous privilégions souvent les achats en fonction du prix plutôt que de sa provenance et sa qualité. On ne réalise pas que chaque dollar dépensé localement nous reviens indirectement parce qu’il est réinvesti localement par l’entrepreneur ou via nos impôts.  Alors que si on achète à Wal-Mart ou Amazon on investit aux USA ou ailleurs et on n’en revoit pas la couleur. Avec la situation actuelle on prend conscience que nous devons acheter local pour être capable de survivre de façon autonome localement. Plusieurs entreprises ont mis l’épaule à la roue pour aider durant cette pandémie et ce sont adaptées et d’autres ont fait un virage électronique pour survivre. La population a été très enthousiaste au lancement du Panier Bleu et le gouvernement provincial tente par plusieurs moyens d’aider les entrepreneurs à survivre et s’adapter à la situation et pour l’après. Je suis certaine qu’on va voir de beaux changements dans les habitudes d’achats.

Les artistes

Beaucoup d’artistes ont décidés durant ce fléau de passer des messages positifs et de faire des « live » sur le web. Je suis vite devenue fan de cette nouvelle façon de faire. Ça permet à nos artistes de rester dans nos vies et on a le choix d’écouter ceux qui nous rejoignent. Mes préférés sont en première place Fabien Cloutier. Avant de faire sa quotidienne Ça va bien aller, il a publié des capsules de ses échanges avec l’émission Plus on est de fous, plus on lit, de Radio Canada. Il me fait rire avec son sens de l’humour sarcastique qui ramène les choses à ce qu’elles sont vraiment, sans glamour. J’aime aussi Fred Pellerin, qui a fait une vidéo d’une chanson très appropriée (Emmène-toi chez nous.) pour nos vies actuelles. Il est doux, vrai, proche du quotidien et de l’ordinaire en le rendant extraordinaire. J’aime Catherine Dorion parce qu’elle aime le monde. Ça parait dans sa façon d’interagir. Dans sa façon de vouloir changer les choses. Pour son manque d’étiquette protocolaire qui me démontre que pour elle c’est pas le contenant mais le contenu qui est important. Il y en a encore une multitude qui se démarque que je ne nomme pas mais qui sont inspirants. Les live je n’avais pas le temps, ou je ne prenais pas le temps d’écouter ça, là j’ai eu le temps et je trouve que c’est comme une photo polaroid, c’est instantané, frais et jamais pareil!

Bref,

C’est un moment difficile, stressant, angoissant. Mais de toute cette épreuve mondiale, il sortira du bon. Difficile à voir pour l’instant, mais collectivement on aura créé de nouvelles façons de vivre et de faire. On passera à travers en essuyant de lourdes pertes qui nous ferons apprécier nos proches et le moment présent. On appréciera peut-être davantage le pantalon Rose Bouddha à cent dollars au lieu des dix paires à dix dollars de Urban Planet parce qu’on saura qu’on aura encouragé une Madeleine et une Maxime qui font travailler des gens de chez nous. On continuera peut-être de faire un petit Facetime plus souvent qu’avant avec nos proches. On aura peut-être découvert qu’on aime ça prendre une marche ?

On va s’en sortir avec des cicatrices, mais on va s’en sortir.